Le Parc Zoologique de Fréjus fermera ses portes
ce 31 août après plus de 55 ans d'histoire
Avant de tourner la dernière page,
écrivons-la ensemble

Après plus de cinquante années d’histoire, le Parc Zoologique de Fréjus fermera ses portes au public le dimanche 30 août 2026 à 20h.

Cette fermeture, subie mais mûrement réfléchie, intervient après de longs mois de recherches, de démarches et de concertation avec les élus locaux afin de trouver une solution permettant de préserver l’avenir du parc.

À l’approche de cette échéance, nous souhaitons partager avec le public les derniers jours d’histoire de ce lieu emblématique.

Depuis 1971, plusieurs générations d’enfants y ont découvert leurs premiers animaux sauvages, avant d’y revenir, des années plus tard, avec leurs propres enfants et parfois même leurs petits-enfants.

Pour de nombreux habitants de Fréjus, de Saint-Raphaël, du Var et de toute la Côte d’Azur, le parc est bien davantage qu’un lieu de visite. Il appartient aux souvenirs d’enfance et au patrimoine affectif de tout un territoire.

Une décision subie et mûrement réfléchie

Cette fermeture n’est pas le résultat d’une décision prise dans l’urgence.

En 2024, le terrain sur lequel est implanté le parc a été vendu avec une réserve de jouissance de deux ans. Lors de la reprise de son exploitation, en janvier 2025, notre projet était de transférer le Parc Zoologique de Fréjus sur un autre terrain de la commune.

Cette relocalisation devait permettre de faire évoluer profondément notre parc. Il ne s’agissait pas de le reproduire à l’identique, mais d’en faire un lieu de vie entre les générations, un lieu de culture, de

 

connaissance, d’éducation et de transmission, particulièrement tourné vers les enfants et les jeunes pour renforcer notre mission de sensibilisation à la biodiversité et à la protection du vivant, dans un cadre ludique et de loisirs.

Depuis cette reprise, toutes les pistes ont été étudiées, en concertation avec les élus locaux, afin de trouver un terrain susceptible d’accueillir ce projet.

Malgré les nombreuses démarches entreprises et les efforts engagés, aucune solution n’a pu aboutir dans les délais qui nous étaient impartis. Nous sommes aujourd’hui contraints de libérer les lieux et de mettre un terme définitif à l’activité du parc sur son site actuel.

Le bien-être des animaux jusqu'au dernier jour

Fermer un parc zoologique ne consiste pas simplement à fermer un portail.

Cette décision implique de préparer, durant plusieurs mois, le départ de centaines d’animaux et de veiller à ce que cette nouvelle étape de leur vie se déroule dans les meilleures conditions possibles.

Depuis la reprise du parc, il y a près de dix-huit mois, nous avons engagé un important travail de fond avec une vétérinaire spécialisée en faune sauvage reconnue sur le plan national afin de renforcer durablement la qualité du suivi, des soins et de l’accompagnement de l’ensemble de nos animaux.

Afin de renforcer l’équipe existante, nous avons recruté huit collaborateurs supplémentaires, que nous avons progressivement formées aux besoins spécifiques des différentes espèces accueillies au sein du parc: alimentation, observation des comportements, entretien des espaces de vie, suivi sanitaire, soins quotidiens, manipulation, sécurité et détection des signes pouvant nécessiter une intervention vétérinaire.

Ce travail patient et exigeant a permis d’améliorer le suivi de nos animaux, mais également de préparer leur avenir.

Notre objectif était que chacun d’entre eux puisse rejoindre un nouvel établissement dans les meilleures conditions, avec un suivi précis, des informations complètes sur son état de santé, son alimentation, son comportement, ses habitudes et ses besoins particuliers.

Cette préparation doit permettre aux établissements zoologiques susceptibles de les accueillir de disposer de toutes les garanties nécessaires et d’envisager leur arrivée avec confiance, sans réticence liée à un manque d’informations, de suivi ou de préparation.

Après la fermeture au public, les équipes du parc resteront ainsi pleinement mobilisées auprès des animaux. À compter du 31 août 2026, les quelque 450 animaux accueillis par le parc rejoindront progressivement des établissements zoologiques soigneusement sélectionnés, en France et en Europe.

Ces transferts seront organisés en lien avec les autorités compétentes et dans le respect des recommandations et des programmes zoologiques concernés. Chaque destination sera étudiée en fonction des besoins propres à chaque espèce, de la situation individuelle de chaque animal et des capacités d’accueil des établissements concernés.

Le travail accompli au cours de ces dix-huit mois avait également une vocation profondément humaine.

En recrutant et en formant nos collaborateurs, nous avons souhaité leur transmettre des compétences solides et durables, afin qu’ils puissent poursuivre leur parcours professionnel et retrouver plus facilement un emploi au sein d’un autre parc zoologique ou d’une structure spécialisée dans le soin et l’accueil des animaux.

 

 

Quatre membres de l’équipe travaillent actuellement à la constitution de leur dossier decertificat de capacité. Cette démarche exigeante doit leur permettre de faire reconnaître officiellement leurs compétences dans l’entretien et la prise en charge d’animaux d’espèces non domestiques et de valoriser leur expérience auprès d’établissements zoologiques, en France comme à l’étranger.

Ainsi, même si le parc est aujourd’hui contraint de fermer, le travail engagé depuis sa reprise ne disparaîtra pas.

Il accompagnera les animaux dans leurs futurs lieux de vie et continuera à vivre à travers les compétences, les connaissances et l’expérience acquises par nos équipes.

Pour les soigneurs, cette période revêt néanmoins une dimension profondément humaine. Derrière chaque animal se trouvent parfois des années de soins, d’observation, de confiance et de complicité.

Ces séparations constitueront des moments particulièrement difficiles, que les équipes vivront avec professionnalisme, responsabilité et beaucoup d’émotion.

Une dernière saison à partager avec le public

Plutôt que d’annoncer simplement cette fermeture, nous avons souhaité faire de cette dernière saison un moment de partage, de transmission et de reconnaissance.

Jusqu’au 30 août 2026 à 20h, le Parc Zoologique de Fréjus invite les habitants de Fréjus, de Saint-Raphaël, du Var et de toute la Côte d’Azur à venir ou à revenir découvrir le parc.

Cette dernière saison sera l’occasion de retrouver les animaux qui ont marqué plusieurs générations de visiteurs, d’échanger avec les soigneurs et de conserver un dernier souvenir de ce lieu chargé d’histoire.

Afin de permettre au plus grand nombre de vivre ces derniers moments, le parc sera ouvert tous les jours jusqu’à 20 heures durant les mois de juillet et d’août. Les visiteurs pourront ainsi découvrir les animaux dans l’atmosphère plus douce de la fin de journée.

Les coulisses d'une dernière saison

Pendant toute cette dernière saison, le public pourra suivre, sur notre site internet et nos réseaux sociaux, les coulisses du parc et le travail quotidien de ses équipes.

Nous présenterons notamment le métier de soigneur animalier, l’histoire de certains animaux emblématiques, les soins vétérinaires, la préparation des transferts et le quotidien de celles et ceux qui consacrent leur vie au bien-être des animaux.

Les visiteurs seront également invités à partager leurs souvenirs, leurs photographies et leurs anecdotes afin de rendre collectivement hommage à plus de cinquante années d’histoire

Un parc zoologique au service du vivant

Dans le débat public actuel, nous souhaitons exprimer un espoir essentiel : celui de ne jamais voir notre parc, ni les établissements zoologiques engagés dans une démarche responsable, assimilés à des cirques, à des lieux de spectacle animalier ou à des arènes de corrida.

 

Ces activités ne répondent ni à la même vocation ni à la même relation avec l’animal.

Au Parc Zoologique de Fréjus, la rencontre avec les animaux se fait dans le respect de leur nature. Notre vocation est de sensibiliser, d’émerveiller et d’éduquer, en laissant chaque espèce exprimer ses comportements naturels, sans mise en scène ni spectacle.

Notre métier consiste :

  • à nourrir nos animaux, à les observer, à les soigner, à comprendre leurs besoins et à sensibiliser le public à leur existence, à leur fragilité et aux menaces qui pèsent sur leurs milieux naturels.

 

  • à contribuer à la protection d’espèces menacées, notamment par leur participation à des programmes de reproduction, de conservation, d’échanges entre établissements et de transmission des connaissances scientifiques et vétérinaires.

 

  • A aider les autorités dans la lutte contre le trafic et la détention illégale d’animaux sauvages. Depuis de nombreuses années, le Parc zoologique de Fréjus accompagne les services de l’État en accueillant des animaux sauvages saisis ou détenus illégalement. Soignés, réhabilités lorsque cela est possible, puis confiés à des structures adaptées, ces animaux sont les premières victimes de l’irresponsabilité humaine, qui conduit encore trop souvent à des détentions inappropriées et à des abandons.

  • A offrir une nouvelle vie aux animaux de spectacles. Les évolutions de la législation en faveur du bien-être des animaux sauvages renforcent le rôle des associations, des sanctuaires et des parcs zoologiques. Ensemble, nous contribuons à offrir aux animaux concernés des lieux de vie adaptés et respectueux de leurs besoins. Cette mission est au cœur de notre engagement depuis déjà de nombreuses années.

À une époque où de nombreuses espèces disparaissent ou voient leur habitat naturel se réduire, ces missions ne doivent pas être négligées.

Les parcs zoologiques ont aussi une responsabilité pédagogique essentielle : permettre au public de découvrir réellement les animaux et la biodiversité.

Voir un animal vivant, observer sa manière de se déplacer, son comportement, son regard, ses relations avec ses congénères et écouter les explications des soigneurs ne produit pas le même effet qu’une photographie, une vidéo ou une image regardée sur un écran.

La rencontre avec l’animal crée souvent une émotion directe. Il est difficile de vouloir préserver ce que l’on ne connaît pas et ce que l’on n’a jamais eu l’occasion d’approcher.

Cette mission est particulièrement importante pour les enfants et pour toutes les personnes qui vivent en appartement, dans des environnements très urbanisés, loin des espaces naturels, ou qui n’ont pas la possibilité matérielle de voyager à travers le monde pour découvrir la faune sauvage et la diversité de ses milieux.

Tout le monde n’a pas la chance de partir en Afrique, en Asie, en Amérique du Sud ou dans les grandes réserves naturelles. Tout le monde ne peut pas non plus grandir au contact régulier de la nature.

 

Pour ces publics, un parc zoologique peut constituer une première porte d’entrée vers le vivant. Il peut permettre à un enfant de découvrir pour la première fois la puissance d’un grand félin, la fragilité d’une espèce menacée, l’intelligence d’un primate ou la diversité extraordinaire du monde animal.

Cette découverte ne doit évidemment jamais se faire au détriment du bien-être des animaux. Elle impose au contraire aux parcs zoologiques une exigence toujours plus grande quant à la qualité des espaces, des soins, de l’enrichissement, du suivi vétérinaire et de la pédagogie proposée au public.

Nous comprenons les interrogations que peuvent susciter la captivité et la présentation d’animaux sauvages au public. Ces interrogations sont légitimes et doivent nous conduire à progresser continuellement.

Mais nous espérons que l’opinion publique saura distinguer les établissements qui placent le bien-être animal, les soins, la conservation, la transmission des connaissances et la préservation du vivant au cœur de leur mission, des lieux fondés sur la mise en scène, la performance, la domination ou la souffrance des animaux.

Un parc zoologique responsable ne devrait pas être jugé uniquement sur ce qu’il a pu représenter autrefois, mais également sur ce qu’il cherche à devenir.

Un projet de parc élargi, tourné vers la nature, la botanique, la culture et la jeunesse

Le projet de transfert que nous portions ne consistait pas à reproduire à l’identique le parc actuel sur un autre terrain. Il devait aller bien au-delà de la seule présentation d’animaux au public. Nous souhaitions en faire un véritable lieu de connaissance, dans un cadre ludique et de loisirs, d’éducation et de transmission, particulièrement tourné vers les enfants et les jeunes, afin de leur permettre de mieux connaître le monde animal et botanique, d’en comprendre la richesse et la fragilité, et d’apprendre à le respecter.

Cette ambition avait déjà commencé à prendre forme au début de l’année 2026 avec la création d’un programme pédagogique pluriannuel intitulé « Les Explorations du vivant ». Conçu pour se déployer sur dix années, de 2026 à 2035, ce programme devait proposer chaque année au public un nouveau thème, afin d’explorer progressivement les différentes dimensions de la nature et de la biodiversité.

Pensé comme un véritable voyage de découverte, ce programme devait inviter les visiteurs à revenir année après année pour observer, comprendre et approfondir leur connaissance du vivant.

La botanique devait également occuper une place majeure dans ce nouveau projet. Notre volonté n’était pas de créer un parc simplement végétalisé ou d’utiliser les plantes comme un décor autour des espaces animaliers. Nous souhaitions développer un véritable jardin botanique.

Nous espérons que cette ambition sera entendue et que cette fermeture ne sera pas perçue comme la disparition légitime d’un lieu de spectacle, car telle n’a jamais été notre vocation. Elle marque la perte d’un établissement humain, pédagogique, animalier et botanique, qui réunissait toutes les générations autour du vivant : les enfants qui y faisaient leurs premières découvertes, les jeunes qui y développaient leur curiosité, les parents qui transmettaient leurs connaissances et les grands-parents qui revenaient avec leur famille dans un lieu chargé de souvenirs.

Notre parc était un espace de rencontre en famille, d’émerveillement et de transmission, où les plus jeunes comme les moins jeunes pouvaient apprendre à mieux connaître, comprendre et respecter la nature.

Une histoire qui restera gravée

Le 30 août 2026 ne marquera pas seulement la fermeture d’un parc zoologique.

Cette date marquera la fin d’une histoire humaine commencée en 1971 par Hubert MASQUEFA, faite de rencontres, de découvertes, d’émotions et d’un engagement quotidien en faveur des animaux et du vivant.

Si les portes du Parc Zoologique de Fréjus se refermeront sur son site historique, les souvenirs créés en ce lieu continueront de vivre dans la mémoire de plusieurs générations de visiteurs, de soigneurs, de salariés et de partenaires.

À toutes celles et ceux qui ont visité, soutenu, accompagné ou fait vivre le parc depuis plus de cinquante ans, nous adressons notre plus profonde reconnaissance.

« Derrière chaque animal, il y a une histoire, des années de soins, d’observation et de confiance. Les prochains mois seront certainement les plus difficiles de notre métier, mais nous avons une responsabilité : accompagner chacun de nos animaux jusqu’à leur nouveau lieu de vie dans les meilleures conditions possibles. C’est ce que nous ferons, avec le même engagement jusqu’au dernier jour. »

Valérie MANDIER
Cheffe animalière et capacitaire
Direction du Parc zoologique de Fréjus

L’espoir d’une renaissance

Cette fermeture ne signifie toutefois pas que nous renonçons à notre l’histoire.

Au cours des dix prochaines années, nous conserverons l’espoir de voir un jour notre parc renaître de ses cendres, sur de nouvelles terres, autour d’un projet animalier et botanique entièrement repensé pour les enfants et les générations futures : un lieu de vie familial, de découverte, de loisirs, de sensibilisation et de transmission, conçu avec la plus grande exigence de qualité, où chacun pourrait apprendre, s’émerveiller et prendre conscience de la richesse comme de la fragilité de la biodiversité animale et végétale.

Dans cette perspective, nous poursuivrons notre combat et nos démarches afin d’identifier un nouveau site susceptible d’accueillir cette renaissance.

Ce travail continuera d’être mené en concertation avec les élus locaux, les collectivités territoriales et l’ensemble des acteurs susceptibles de contribuer à la concrétisation de ce projet.

Nous sommes pleinement conscients de l’ampleur des obstacles qui se dressent devant nous. Trouver de nouvelles terres, réunir les autorisations nécessaires, reconstruire un projet exigeant et mobiliser les moyens indispensables relèvera sans doute, à bien des égards, du miracle.

Mais les miracles ne naissent pas seulement de la chance. Ils peuvent aussi être le fruit de la volonté, de la persévérance, de rencontres décisives et de l’engagement collectif de femmes et d’hommes qui refusent de renoncer.

 

C’est pourquoi, aussi fragile soit-il, nous continuerons à préserver cet espoir et à nous battre pour qu’un jour notre parc puisse renaître de ses cendres.

L’attachement du public, l’engagement de nos équipes et les liens noués depuis plus de cinquante ans nous interdisent de cesser d’y croire.

Le travail de formation et de transmission engagé depuis la reprise du parc participe également à cet espoir. Les compétences acquises par nos équipes, l’expérience développée auprès des animaux et les liens entretenus avec les professionnels du monde zoologique constituent un patrimoine humain que nous souhaitons préserver.

Le 30 août 2026 à 20h marquera donc la fin du Parc Zoologique de Fréjus sur son site historique, mais peut-être pas la fin de son histoire.